Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Eccill

Repenser notre modèle agricole pour sortir de la crise

24 Juillet 2015, 19:10pm

Publié par Eccill

Repenser notre modèle agricole pour sortir de la crise

Une enveloppe de 600 millions d’euros supplémentaires pour réduire les charges et développer la méthanisation : est-ce là la seule réponse à apporter à ces crises ?

Les éleveurs ne profitent clairement pas des retombées de la hausse du prix de la viande, par exemple. Leur exaspération et leur colère face à cette crise sont donc compréhensibles. Mais il serait réducteur de croire que cette crise, comme la crise du lait, ne trouve son origine que dans les trop grandes marges des industriels et de la grande distribution.

La crise est bien plus profonde. Elle doit nous amener à repenser ce modèle agricole, pour mieux en sortir. Sur la question de la production laitière, on observe que la FNSEA et d’autres instances comme la FNPL ont joué un double jeu, en souhaitant libéraliser certains marchés dans le but « d’ouvrir les vannes », tout en déplorant l’absence de régulation de la production lorsque les prix ne sont pas au rendez-vous. Lors de la mise en place du pacte laitier par le ministre Le Foll, fin 2014, la FNPL s’est félicitée du milliard d’euros par an alloué aux élevages laitiers, en s’inquiétant toutefois de ne pas voir d’outil européen pour gérer les crises. Plutôt que de gérer ces crises, ne serait-il pas préférable de les anticiper, en mettant en place un outil de prévention et de gestion de la production ? Ces milliards vont encore accompagner l’agrandissement des structures agricoles, la course au volume et à l’endettement, au détriment d’une autre politique basée sur la qualité et sur la création de valeur ajoutée, sur les productions plus soucieuses de l’environnement, sur le développement des circuits courts. Pourquoi ? La nécessaire reprise d’exploitation grace à l’installation de jeunes agriculteurs sur d’autres productions ? Pendant combien de temps allons-nous avoir des politiques d’allègements de charges (42 M€ pour 2015 dans le cadre du CICE) qui ne remettent rien en cause ?

Cette situation n’est plus tenable, ni pour les agriculteurs, ni pour les citoyens. Il est urgent de mettre en place une politique cohérente de développement durable du territoire en soutenant une agriculture de proximité et porteuse d’aménités positives pour l’environnement. Il est urgent d’accompagner l’agroalimentaire vers des produits innovants et à forte valeur ajoutée. Il est urgent de mettre en place de vraies stratégies alimentaires locales.

Pourquoi ne pas mettre en place des systèmes d’alimentation territoriaux, véritables outils de structuration de l’offre au plus près des besoins, pour créer des outils de développement collectifs (atelier de transformation collective, point de vente…). Notre agriculture doit être au service d’une meilleure accessibilité pour la population d’une alimentation saine et locale.

Aider à la création de pépinières d’activités sur chaque « pays » afin de permettre aux créateurs d’activités agri-rurales de tester leurs projets, et faciliter ainsi leur installation sur nos territoires par le biais de fermes relais.

Enfin, inciter à une vraie politique d’installation, au delà des effets d’annonces car cet enjeu est primordial pour notre territoire. Il est pourtant urgent de préserver les exploitations agricoles en ayant une politique plus volontariste d’installation sur des structures familiales et sur des projets en agro-écologie.

Il est temps de mettre en place une politique ambitieuse qui favorise l’adéquation entre la demande locale et l’offre locale, une agriculture qui profite aux territoires et aux citoyens, tout en permettant de conserver un tissu économique fort, parce que créateur d’emplois non délocalisables.

Commenter cet article